La crise économique et financière s'est traduite par un manque à gagner pour l'économie française de près de 140 milliards d'euros annuels depuis 2009, a annoncé l'Insee mercredi.
140 milliards d'euros par an. C'est ce qu'aura coûté la crise à l'économie française depuis 2009, selon les calculs de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Le PIB (Produit intérieur brut) français a perdu 7 points par rapport à la tendance qui se dessinait avant la faillite de la banque américaine Lehman Brothers.
L'Insee a par ailleurs révisé à la hausse son estimation de "l'ampleur de la récession" de 2009, avec un recul du PIB porté à 3,1%, contre 2,7% selon son estimation précédente. C'est un "recul historique" sans équivalent depuis la Seconde Guerre mondiale, a-t-il souligné.
L'estimation "semi-définitive" de la croissance du PIB en 2010 a été portée pour sa part à 1,7% contre 1,5% annoncés précédemment, celle de 2011 étant maintenue inchangée, à 1,7% également.
70 milliards d'euros de recettes fiscales en moins
Les sept points de PIB perdus représentent "140 milliards d'euros d'activité en moins" chaque année, soit "mécaniquement" 70 milliards d'euros de recettes fiscales en moins "à l'horizon de deux ou trois ans". Leur absence a concouru à l'accroissement des déficits publics, a relevé Eric Dubois, directeur des études et des synthèses économiques de l'Insee devant la presse.
Dans un "éclairage sur l'évolution de l'économie française depuis la récession de 2009", l'Insee ajoute que "l'économie française n'a pas commencé à rattraper le 'terrain perdu' pendant la 'grande récession'".
Les pertes d'activité enregistrées lors de crises financières ne sont généralement "pas rattrapées, même s'il y a des exceptions", note l'institut qui souligne encore que "deux ans après la sortie de récession, l'économie française retrouve tout juste le niveau d'activité de 2008, la production manufacturière demeurant même inférieure de plus de 5% à son niveau d'avant-crise".